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Porte ouverte
Transcription de la déclaration de naissance de Jean Baptiste Boujol à La Rochelle
Aujourd’hui vingt sept frimaire an neuf de la République française, sont comparus par devant moi André Didier Daniel Raoult adjoint du maire et officier public de la commune de La Rochelle, Antoine Boujol soldat de la soixante huitième demi-brigade d’infanterie, musicien audit corps et Jeanne Ris, son épouse, lesquels m’ont présenté un enfant appelé Jean Baptiste Boujol, qu’ils m’ont dit être né de leur légitime mariage le six fructidor an trois de la République au camp de Chalampé, canton de Banscheim, département du haut Rhin et que par les évènements de la guerre sa naissance n’a pu être constatée alors conformément aux vœux de la loi.
A l’appui de laquelle déclaration les dits Antoine Boujol et Jeanne Ris son épouse m’ont exhibé une délibération du conseil d’administration de la dite soixante huitième d’infanterie dont la teneur suit :
"Nous composant le conseil d’administration de la soixante huitième demi brigade, troisième bataillon, certifions que le citoyen Jean Baptiste Boujol, fils légitime d’Antoine Boujol et de Jeanne Ris son épouse, est né au camp de Chalampé, canton de Banscheim, département du Haut Rhin le six fructidor an trois de la République, et que par les évènements de la guerre son acte de naissance n’a pu être constaté alors conformément aux vœux de la loi, c’est pourquoi son père musicien audit corps nous a réclamé notre témoignage afin de s’y conformer.
Donné la séance à La Rochelle le vingt cinq frimaire an neuf de la République française. Signé Champion, capitaine commandant, Morel, capitaine, (H)aca, capitaine, (Huet), sous lieutenant et (Picault), sergent major."
De tout quoi j’ai dressé le présent procès verbal pour constater l’époque et le lieu de la naissance dudit Jean Baptiste Boujol et qu’il est fils légitime d’Antoine Boujol et de Jeanne Ris, et ont ses père et mère signé avec moi ainsi que Louis Champion, capitaine commandant le troisième bataillon de la soixante huitième demi-brigade âgé de trente six ans et Pierre Morel, capitaine au même corps, âgé de cinquante ans, demeurant l'un et l'autre en cette ville.
(Entre parenthèses) les transcriptions incertaines.
Ce document valide l'hypothèse que Jeanne était aux côtés de son époux lors de ses déplacements dans diverses garnisons. Elle était présente à Chalampé, elle est encore là à La Rochelle. Accompagnait-elle simplement son musicien de mari ou bien avait-elle une fonction personnelle dans l'armée ? Cette question reste entière à ce jour mais le commandant E.-L. Bucquoy, grand spécialiste des uniformes, nous donne une piste lorsqu'il écrit : "...peut-être y ajouterons-nous aussi quelque silhouette plus délicate, celle de leur bonne camarade à tous, souvent la femme de l'un d'eux, la cantinière qui vient à l'étape leur verser de quoi humecter un peu les gosiers desséchés par tous ces "taratatas" lancés à pleine volée tout le long du chemin."
Une petite remarque en passant : le capitaine Morel est indiqué comme Pierre Morel alors qu'il signe Morel Jacques. C'est un des problèmes rencontré par le généalogiste dans ses recherches : jusqu'au XIXè siècle, le prénom usuel est très souvent différent du premier prénom de l'état civil.